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"La mer: la liberté"_ "The sea: the freedom" 2021

Maison des arts de Schaerbeek

Exposition "Le Saut du quartz" durant le diplome de fin de master à la Cambre

“Affranchir son corps de la contrainte, rechercher
la délivrance dans le geste et la couleur: la matière
qui coule sous les doigts comme une eau qui jaillit"

Cette œuvre s’inscrit dans l’agitation d’une époque où le désir de liberté se fait pressant. Créée en 2021,
au sortir de la pandémie de Covid-19, La mer, la liberté incarne le souffle vital paradoxalement figé dans
la matière, tout en célébrant un élan retrouvé : celui du mouvement, de la vie, de la transformation.
L’eau y est convoquée à la fois comme forme, comme mémoire et comme symbole. Élément insaisissable, elle
représente le changement, l’énergie de l’action, la naissance d’une idée. Elle irrigue toutes les matières, se lie aux êtres,
les traverse et les relie. Ici, elle devient mer tourmentée, figée dans la céramique, et pourtant vibrante d’un flux invisible.
Conçue comme un assemblage modulable de carreaux, l’installation invite à la recomposition perpétuelle, à
l’invention de nouvelles perspectives. Chaque agencement devient un instant arrêté, un fragment du monde
à observer, un miroir mouvant dans lequel repenser notre place, nos limites et nos aspirations. Comment se
défaire d’une époque qui nous confronte à notre finitude ? Comment réinventer le réel à travers le sensible ?
La genèse de cette œuvre puise dans le souvenir de Les Brouis, une maison-refuge sans eau ni électricité, perdue
face à la mer dans une réserve naturelle du Sud de la France. Ce lieu, chargé de mémoire d’enfance, incarne pour
moi un point d’ancrage : à la fois lieu de dépouillement, de retour à l’essentiel, et espace d’éveil artistique. C’est
aussi là que s’affirme une position : celle d’un artiste façonné par les cycles de la nature et la rudesse des éléments.
Ma pratique de l’architecture irrigue profondément mon travail plastique. Elle m’impose un rapport
constant à l’échelle, à l’espace, à la matière. La céramique, quant à elle, est un médium indissociable
de l’eau — une matière vivante qui ne se transforme qu’en symbiose avec elle. Elle devient ici le
langage d’un monde utopique, émancipé, où les émotions prennent forme et où le geste se libère.
Observer le cycle infini de la nature est, pour moi, l’une des plus belles manières de parler de l’humain et des
forces invisibles qui le traversent. La mer, la liberté tente de saisir ce mouvement : célébrer la vie, affirmer notre
irréductibilité, et ouvrir un champ des possibles — entre chaos et renaissance, entre matière et lumière

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